Guide : l'URSSAF après l'immatriculation — ACRE, espace personnel et les neuf premiers mois
Ce guide a une valeur informative. Il explique comment se déroule la démarche et aide à préparer un échange avec un professionnel, ou un dépôt en autonomie. Ce n’est ni un conseil juridique, ni fiscal, ni comptable.
Ce que vous allez obtenir
- ce qu’est l’ACRE et pourquoi la demande se fait à part, séparément du formulaire du guichet unique
- quand l’espace personnel sur autoentrepreneur.urssaf.fr s’ouvre réellement
- pourquoi la première déclaration de chiffre d’affaires est repoussée de 90 jours, et ce qui se passe si vous la manquez
- combien vous allez réellement payer : les taux de cotisations par activité pour 2026
- les plafonds de chiffre d’affaires au-delà desquels vous sortez du régime micro-entreprise
- à quoi sert le programme gratuit de l’URSSAF pour les neuf premiers mois
Ce guide reprend là où s’arrête le guide sur l’immatriculation via l’INPI : le SIRET est déjà obtenu. La suite se joue non plus du côté de l’INPI, mais de celui de l’URSSAF — avec ses propres délais, ses propres documents et son propre argent. Rien de tout cela n’est couvert par le guichet unique : il a transmis votre dossier plus loin, et son rôle s’arrête là.
ACRE : une demande qui ne se fait pas automatiquement
L’ACRE (Aide à la création ou reprise d’une entreprise) n’est pas une aide versée à part, mais un taux réduit de cotisations sociales pour les premiers mois d’activité. Sur le schéma de l’URSSAF vu dans le guide précédent, c’est l’étape 2, « J’effectue mes démarches Urssaf » : elle suit immédiatement le dépôt au guichet unique, mais se fait à part, côté URSSAF, pas automatiquement avec l’immatriculation.
La demande doit être faite par vous-même, dans les 60 jours suivant la création de l’entreprise. Elle s’accompagne d’un justificatif de création d’activité (le SIRET) et des pièces prouvant votre droit à l’aide — la liste dépend de votre situation (par exemple, votre statut de demandeur d’emploi au moment de la création). L’URSSAF dispose de 30 jours pour répondre ; sans réponse, l’ACRE est considérée comme accordée par défaut.
Une limite : impossible d’obtenir l’ACRE si elle vous a déjà été accordée au cours des trois années précédentes — quelle que soit l’entreprise concernée.
Le montant de la réduction dépend de la date de création de l’entreprise, et à l’heure actuelle, il est devenu moins avantageux qu’il y a six mois. Avant le 1er juillet 2026, l’ACRE divisait les cotisations par deux — vous payiez 50% du taux normal. Depuis le 1er juillet 2026, l’avantage a été réduit : l’ACRE ne baisse plus les cotisations que de 25%, soit 75% du taux normal. Si vous vous immatriculez maintenant, comptez sur cette seconde option, moins favorable ; le taux à 50% ne reste acquis qu’à ceux qui ont créé leur entreprise avant cette date.
L’avantage court jusqu’à la fin du 3e trimestre civil suivant la date de début d’activité — en pratique, de 9 à 12 mois selon le mois du trimestre où vous démarrez.
Espace personnel : quand il s'ouvre et ce qu'il faut
Comme expliqué dans le guide sur l’immatriculation, le SIRET et l’accès aux services de l’URSSAF sont deux événements distincts, à des délais différents. L’espace personnel auto-entrepreneur ne s’ouvre qu’après la notification d’affiliation séparée, pas avant — même si le SIRET est déjà en votre possession.
Une fois la notification reçue, le compte se crée sur la page « Créer mon auto-entreprise » du site de l’URSSAF — là même où étaient présentées les cinq étapes. Sous le bloc des étapes se trouve un formulaire dédié à la création de l’espace personnel :
Il existe aussi une application mobile, « AutoEntrepreneur Urssaf » — le même espace personnel, mais sur téléphone : déclarations et paiement des cotisations y fonctionnent aussi.
Première déclaration : pourquoi pas tout de suite
À la création de l’espace personnel, il faut choisir la périodicité des déclarations — mensuelle ou trimestrielle. Ce choix se reconduit automatiquement chaque année.
Il y a un détail qui déroute souvent les débutants : la première déclaration ne se fait pas tout de suite. Il faut que 90 jours se soient écoulés depuis la date de début d’activité — c’est seulement après que s’ouvre la première période (mois ou trimestre) à déclarer. Même si le chiffre d’affaires sur cette période est nul, il faut quand même déclarer, avec un montant de 0 €. Manquer cette première déclaration n’est pas un détail technique : c’est justement pendant ces trois premiers mois que certains paramètres, comme l’ACRE, peuvent encore être ajustés — après, une partie des possibilités se referme pour l’année en cours.
Échéances pour la périodicité trimestrielle : période janvier-mars — déclaration avant le 30 avril ; avril-juin — avant le 31 juillet ; juillet-septembre — avant le 31 octobre ; octobre-décembre — avant le 31 janvier. Pour la périodicité mensuelle : avant la fin du mois suivant la période concernée.
La déclaration porte sur le chiffre d’affaires réellement encaissé hors taxes (HT), c’est-à-dire l’argent effectivement reçu sur la période, pas les factures émises. Aucune charge ne peut en être déduite — le régime micro-entreprise calcule impôts et cotisations sur le chiffre d’affaires, pas sur le bénéfice.
Combien payer : les taux de cotisations pour 2026
Le taux dépend de l’activité :
- Vente de marchandises — 12,3%
- Prestations de services, BIC (commerciales et artisanales) — 21,2%
- Prestations de services, BNC (professions libérales non réglementées) — 25,6%
- CIPAV (professions libérales réglementées) — 23,2%
Le taux BNC n’est pas anormalement élevé par hasard : depuis juillet 2024, il a été relevé par étapes (il était de 21,1%) pour financer la retraite complémentaire des indépendants (RCI), et 2026 marque la dernière étape de cette hausse.
À ces chiffres s’ajoute la contribution à la formation professionnelle (CFP) : 0,1% pour la vente, 0,2% pour les services (BIC et BNC), 0,3% pour les artisans.
Si vous bénéficiez de l’ACRE, ces taux sont multipliés par 0,75 (immatriculation après le 1er juillet 2026) ou par 0,5 (entreprise créée avant cette date), pendant la durée de l’avantage décrite plus haut.
Plafonds de chiffre d'affaires : quand vous sortez du régime
La micro-entreprise a un plafond de chiffre d’affaires annuel au-delà duquel le régime ne s’applique plus :
- 203 100 € pour une activité commerciale (vente de marchandises) ;
- 83 600 € pour les prestations de services et les professions libérales.
En cas d’activité mixte (vente et services), le chiffre d’affaires global ne doit pas dépasser 203 100 €, dont 83 600 € maximum au titre des services.
Le chiffre d’affaires pris en compte est celui encaissé, pas celui facturé — c’est-à-dire l’argent réellement reçu. Un dépassement une seule année ne change rien, vous restez en micro-entreprise. Un dépassement deux années de suite fait sortir du régime dès l’année suivante. Pour une entreprise créée en cours d’année, le plafond se calcule au prorata : le plafond × le nombre de jours d’activité ÷ 365.
Indépendamment de ces plafonds existe un seuil de TVA (franchise en base) : 85 000 € pour le commerce, 37 500 € pour les services. Ce sont deux choses différentes — on peut dépasser le seuil de TVA et commencer à la facturer, tout en restant en micro-entreprise si le chiffre d’affaires global reste sous le plafond du régime.
Le programme gratuit « Mes Premiers Mois avec l'Urssaf »
L’URSSAF propose un accompagnement personnalisé et gratuit pour les neuf premiers mois d’activité — le programme s’appelle « Mes Premiers Mois avec l’Urssaf ». On y trouve une synthèse des informations utiles après la création de l’entreprise, un abonnement à la newsletter mensuelle des créateurs pour ces neuf mois, et une vidéo d’introduction sur le fonctionnement général.
Ce n’est pas un conseil adapté à votre cas précis, mais un ensemble de ressources et de rappels tout prêts — gratuit et venant de la source elle-même, à activer dès l’ouverture de l’espace personnel.
Quand consulter un expert-comptable
Ce qui est couvert ici suffit pour une situation standard — une seule activité, un chiffre d’affaires loin des plafonds. Consulter un expert-comptable est utile si : vous avez une activité mixte avec un chiffre d’affaires proche de 83 600 € ou 203 100 €, et devez comprendre précisément ce qui relève de quel plafond ; le droit à l’ACRE n’est pas évident (par exemple, vous l’avez déjà obtenue par le passé, ou votre statut au moment de la création est à la limite) ; vous cumulez plusieurs activités à taux différents et voulez être sûr que la déclaration est correctement calculée. La suite ne concerne plus l’URSSAF, mais la question de confier ou non l’immatriculation elle-même à un intermédiaire comme Indy plutôt que de la faire soi-même via le guichet unique — dans le prochain guide.
L’ACRE n’est pas le seul délai facile à manquer. Sur la pénalité pour déclaration oubliée, la radiation d’office après 24 mois à zéro et les autres mauvaises surprises, voyez notre guide des mauvaises surprises du micro-entrepreneur.
Les règles et les montants changent en France. À la date de publication, le 8 août 2026, les informations correspondaient aux sources officielles citées dans le texte. Webinkub ne saurait être tenu responsable des évolutions législatives ni des décisions prises sur la base de ce contenu. Avant de déposer votre dossier, vérifiez les exigences en vigueur sur les sites officiels et, si votre situation sort du cadre standard, consultez un expert-comptable ou un avocat.
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