Cinq tâches que l’IA peut faire pour vous dès aujourd’hui

Plus de la moitié des dirigeants de TPE et PME en France utilisent déjà l’IA, mais seul un sur six le fait régulièrement. Entre « de temps en temps » et « tous les jours », il manque souvent une seule chose : savoir à quoi elle sert concrètement. Voici cinq tâches que connaît tout artisan, commerçant, restaurateur ou freelance, avec des prompts prêts à l’emploi, un exemple de ce qui tourne mal et la façon de le corriger.

Les prompts ci-dessous fonctionnent dans tous les chatbots courants — ChatGPT, Mistral Le Chat, Claude, Gemini. N’y collez pas de données personnelles de vos clients : noms, numéros de téléphone, coordonnées bancaires (IBAN). Tout ce que l’IA affirme sur la loi et les délais, vérifiez-le à la source.

Part des dirigeants de TPE et PME en France qui utilisent l’IA générative : 15 % fin 2023, 31 % fin 2024, 55 % fin 2025 ; de façon régulière : 17 %
Utilisateurs : 55 %, utilisateurs réguliers : 17 %. Données Bpifrance Le Lab, enquête auprès d’environ 4 700 TPE et PME fin 2025.

Faut-il vraiment s’y mettre ? Au Danemark, le pays de l’UE où les entreprises utilisent le plus l’IA, 65 % des PME qui s’en servent disent que les économies ont dépassé leurs attentes. Ce n’est pas une promesse que ce sera pareil chez vous, mais le signe qu’il ne s’agit pas d’une mode : là où l’IA est intégrée au travail quotidien, elle se rentabilise le plus souvent.

Comment construire un bon prompt

Un bon prompt en cinq parties : qui vous êtes, la situation, ce qu’il faut faire, sous quelle forme et ce qu’il faut éviter
Les cinq parties d’un bon prompt. Plus vous donnez de faits, moins l’IA invente.

L’IA ne connaît ni votre activité, ni votre client, ni votre ville. Si vous ne les précisez pas, elle comble les vides — et vous obtenez un texte lisse, mais qui ne vous ressemble pas. C’est pourquoi tous les prompts ci-dessous contiennent des crochets : remplacez-les par vos propres informations. Copiez le prompt, remplacez les crochets, puis relisez la réponse comme un texte que vous allez signer.

1. Une relance de paiement polie

Tu es mon assistant administratif. Je suis [électricien, micro-entrepreneur]. Mon client [une entreprise / un particulier] n’a pas payé la facture n° [2026-014] de [480 €], échue le [15/10/2026]. Rédige un e-mail de relance courtois mais ferme, de 5 phrases maximum, qui rappelle le numéro de facture, le montant et l’échéance, et propose de régler par virement. Ne cite aucun article de loi et ne menace ni de pénalités ni de poursuites.

Ce qui tourne malL’IA a tendance à menacer : « conformément à l’article… », pénalités, tribunal. Pour une première relance, c’est de trop et cela abîme la relation. Et les références juridiques, elle peut les inventer.

Comment corrigerPremière relance sans menace : le prompt l’interdit explicitement. Si le client est une entreprise, la deuxième relance peut rappeler les pénalités de retard et l’indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement : elles doivent déjà figurer sur votre facture (les mentions obligatoires sont listées au point 9 du guide « Les mauvaises surprises du micro-entrepreneur »). À un particulier, on ne réclame ni les 40 € ni les pénalités du Code de commerce : seulement les intérêts au taux légal, après une mise en demeure.

2. Répondre à un avis Google

Je tiens un [salon de coiffure à Nantes]. Voici un avis client : « [texte de l’avis] ». Rédige une réponse publique en 3 phrases : remercie, réponds précisément au point soulevé, invite la personne à revenir. Ton chaleureux, sans formules toutes faites, sans promettre de remise. Réponds dans la langue de l’avis, vouvoie, signe [prénom].

Ce qui tourne malLe même « Merci pour votre retour, nous sommes ravis… » sous chaque avis. Les clients le remarquent, et la réponse joue contre vous. Face à un avis négatif, l’IA s’excuse souvent pour ce qui ne s’est pas passé, ou promet une remise.

Comment corrigerExigez une réponse sur un détail précis de l’avis. Pour un avis négatif, décidez d’abord vous-même ce que vous reconnaissez, et écrivez-le dans le prompt : « nous avons effectivement pris 20 minutes de retard sur le rendez-vous ». Ne mettez pas le nom de l’auteur dans le prompt : l’IA n’en a pas besoin, et un avis public ne rend pas ses données libres d’usage. Si l’avis mentionne la santé ou des soins, retirez ces détails. Pour bien gérer vos avis en général, voir le guide Google Business Profile.

3. La description d’un service pour votre site ou votre fiche Google

Je suis [plombier à Bordeaux]. Rédige la description de mon service [remplacement de chauffe-eau] pour mon site : 80 mots, phrases courtes. Faits à utiliser : [intervention sous 48 h, devis gratuit, marques Atlantic et Thermor, artisan assuré en décennale, garantie pièces 2 ans, à partir de 900 € pose comprise, TVA non applicable]. Pas de superlatifs, pas de « passion », pas d’« excellence ».

Ce qui tourne mal« Votre satisfaction est notre priorité », « des professionnels passionnés » : des formules présentes sur tous les sites, qui ne disent rien au client.

Comment corrigerDonnez les faits que vous seul connaissez : délais, prix « à partir de », garanties, zone d’intervention. Interdisez les mots creux directement dans le prompt. Et vérifiez que l’IA n’a pas ajouté de promesses que vous n’avez pas faites.

4. Une publication pour les réseaux sociaux ou votre fiche Google

Je tiens une [boulangerie à Lille]. Écris un post court (environ 40 mots) pour annoncer [notre galette des rois, disponible du 2 au 31 janvier, sur commande 24 h avant]. Une phrase d’accroche, l’info pratique, un appel à commander par téléphone. Deux émojis maximum, pas de hashtags.

Ce qui tourne malDix émojis, une demi-page de hashtags et des dates que vous n’avez jamais données : l’IA adore ajouter « dès ce week-end ».

Comment corrigerToutes les dates et conditions viennent du prompt, et uniquement de lui — revérifiez-les avant de publier. Limitez la longueur et le nombre d’émojis. Vous pouvez faire réécrire le même post en version courte pour la fiche Google et un peu plus longue pour Instagram.

5. Comprendre un courrier administratif en une minute

Voici une lettre que j’ai reçue (données personnelles supprimées) : « [texte] ». Explique-moi simplement, sans jargon, en 5 points : qui écrit, ce qu’on me demande, la date limite mentionnée dans la lettre, ce qui arrive si je ne fais rien (uniquement d’après la lettre), quels documents préparer. Si une information n’est pas dans la lettre, écris « non indiqué ».

Ce qui tourne malL’IA annonce avec assurance un délai qui ne figure pas dans la lettre, ou le recalcule « à compter de la réception » selon sa propre logique.

Comment corrigerLe délai et le montant, cherchez-les toujours vous-même dans la lettre : l’IA vous aide seulement à comprendre ce qu’on attend de vous. Avant de coller le texte, retirez votre nom, votre adresse, vos numéros de SIRET et de dossier. Pour analyser ces courriers et y répondre pas à pas, voir le guide « Affronter la bureaucratie française à armes égales, avec l’IA ».

Quatre règles valables pour les cinq tâches

  1. Les faits, c’est vous qui les donnez. Tout ce qui manque dans le prompt, l’IA l’invente : vérifiez chiffres, dates et promesses avant d’envoyer.
  2. Pas de données personnelles. Noms, téléphones, IBAN et numéros de dossier de vos clients n’ont rien à faire dans le chat — pourquoi, dans le guide « Ce qu’il ne faut jamais confier à l’IA ».
  3. La loi, uniquement à la source. L’IA peut inventer des articles et des délais. Vérifiez sur service-public.gouv.fr ou auprès d’un professionnel.
  4. Une relecture dans une nouvelle fenêtre. Ouvrez une nouvelle conversation (ou un agent séparé si votre offre le permet) et demandez de relire le résultat comme le ferait un client : « Signale ce qui sonne faux, flou ou trop commercial. » Un regard neuf, sans l’historique de la conversation, repère ce que le premier a laissé passer.

Quel outil utiliser en France ? Voir notre comparatif Mistral ou ChatGPT. Commencez par une seule des cinq tâches — celle qui vous prend le plus de temps — et confiez-la à l’IA toute la semaine prochaine.

Informations à jour au 15 octobre 2026. Sources : Eurostat sur l’usage de l’IA par les entreprises ; Bpifrance Le Lab, 82e baromètre de conjoncture des TPE-PME (janvier 2026, enquête auprès d’environ 4 700 entreprises en novembre-décembre 2025) ; Wolters Kluwer sur les PME danoises et les économies liées à l’IA ; articles L441-10 et D441-5 du Code de commerce (pénalités de retard et indemnité de 40 € pour frais de recouvrement).

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