Guide : le site d’un salon de beauté
- qui a le droit d’exercer
- portfolio et consentement
- les prix
- la réservation en ligne
- la fiche Google
Qui a le droit d’ouvrir un salon selon la loi française, ce qu’on peut écrire dans la description des prestations, ce que coûte la réservation en ligne et ce qu’il faut savoir sur les photos avant / après.
Ce que vous obtenez
Qui a le droit d’exercer ; portfolio et droit à l’image ; l’équipe ; prix et devis ; la réservation en ligne et son coût ; des modèles en exemple ; la fiche Google pour un salon ; les avis ; les langues ; ce que l’IA apporte vraiment ; la liste avant lancement
Dans un salon de beauté, ce n’est pas le texte qui convainc le client, c’est la photo du travail du praticien. Mais avant de parler de mise en page, il faut régler ce qui coûte de l’argent et de la réputation : qui a le droit de fournir la prestation selon la loi française, ce qu’on peut écrire dans la description, et comment utiliser la photo d’un client sans enfreindre la loi.
Qui a le droit d’ouvrir un salon et de fournir la prestation
L’activité de coiffure est réglementée à part en France, et de longue date : la loi de base n° 46-1173 du 23 mai 1946, modifiée par la loi n° 96-603 du 5 juillet 1996, précisée par le décret n° 2017-767 du 4 mai 2017. Selon le texte en vigueur, un salon doit compter au moins une personne titulaire d’un brevet professionnel, d’un brevet de maîtrise, ou d’un diplôme de niveau au moins équivalent inscrit au répertoire national des certifications professionnelles. Impossible d’ouvrir un salon avec un simple CAP — mais on peut l’ouvrir sans diplôme personnel si au moins un salarié ou associé détient cette qualification. Règle à part pour le domicile : un coiffeur qui se déplace chez le client doit avoir le CAP coiffure.
L’esthétique et les soins du corps n’ont pas cette barrière — on peut ouvrir un institut d’onglerie, de sourcils ou d’épilation sans diplôme. Mais il y a un piège de vocabulaire : le mot « massage » est juridiquement réservé aux kinésithérapeutes, titulaires d’un diplôme d’État. Une esthéticienne doit écrire « modelage esthétique ». Un arrêt de la Cour de cassation de 2021 a assoupli la règle pour les pratiques de bien-être, mais seulement en l’absence de confusion avec le massage thérapeutique. Vérifiez les formulations de votre carte de soins — c’est l’erreur la plus fréquente sur les sites d’instituts d’esthétique.
L’assurance responsabilité professionnelle pour le coiffeur ou l’esthéticienne n’est pas exigée par la loi — ce n’est pas le même cas que pour un médecin ou un avocat. Mais en pratique le bailleur du local la demande souvent, et après le premier litige avec un client, on regrette d’avoir économisé dessus.
Portfolio et droit à l’image des clients
Le portfolio n’est pas une décoration du site d’un salon, c’est l’argument principal. Mais un cliché « avant / après » montre l’image d’une personne réelle, et en droit français l’image est une donnée personnelle : elle relève du droit à l’image.
La règle est simple : le consentement écrit du client avant publication, avec une description de l’usage prévu, la durée de conservation, et le droit du client de retirer son consentement à tout moment. Un « oui, bien sûr » à l’oral ne suffit pas — en cas de litige, c’est à vous de prouver ce consentement. Pour un mineur, le consentement écrit d’un parent ou d’un tuteur est exigé.
En pratique cela se règle avec un simple papier : un court formulaire de consentement à la caisse ou dans l’application de réservation, que le client signe juste après la prestation, pendant que le résultat est sous ses yeux et qu’il est facile de le demander. Conserver les consentements signés est nécessaire — c’est votre preuve, pas une formalité pour la forme.
L’équipe : comment montrer la confiance
Si le client choisit un praticien et non une enseigne, la conséquence est directe : le site doit montrer les praticiens eux-mêmes, pas seulement leurs réalisations. Le prénom, la spécialité — coloriste, barbier, spécialiste de l’extension — et deux lignes d’expérience. Une photo de la personne, pas seulement de ses mains au travail.
Le diplôme et la qualification ne sont pas une formalité de contrôle, mais quelque chose à montrer directement. « Coiffeuse diplômée, BP Coiffure » est une preuve de confiance concrète ; « équipe professionnelle » n’est que des mots auxquels personne ne croit. Pour un salon soumis à une obligation légale de qualification, c’est aussi un argument honnête : vous n’êtes pas le seul à écrire « professionnels », mais vous pouvez le prouver.
Les prix et le devis
Pour les salons de coiffure, les prix ne sont pas une option mais une obligation de l’arrêté du 27 mars 1987. Les prix d’au moins dix prestations parmi les plus courantes doivent être visibles depuis l’extérieur si le salon est mixte, ou vingt — dix pour chaque section — s’il est séparé hommes/femmes. L’amende va jusqu’à 3 000 € pour une personne physique et 15 000 € pour une société. L’obligation porte sur l’affichage en salon, mais puisqu’elle existe, autant montrer les mêmes prix sur le site plutôt que de laisser le client deviner.
Sur le site, indiquez au moins un prix « à partir de » pour chaque prestation : « coupe à partir de 35 € », pas un vague « nous consulter ».
Si le prix final dépend de la longueur des cheveux, du volume de travail ou des produits utilisés — ce qui est presque toujours le cas en coiffure et en extension — prévenez-en sur le site. Un devis détaillé n’est pas systématiquement obligatoire, mais il l’est sur demande explicite du client si le prix ne peut pas être fixé à l’avance ; une facture est due sur demande au-delà de 25 € TTC. Faites-le sur place, avant de commencer la prestation — cela protège le client comme vous : un différend sur le prix après coup se règle rarement en faveur du salon.
La réservation en ligne : ce qu’elle coûte vraiment
Pour un salon, réserver sans appeler n’est pas un luxe : cela économise des heures à l’accueil et ne perd pas les clients qui écrivent tard le soir. Il existe trois options sur le marché français, et elles se facturent différemment. Prix vérifiés en août 2026.
Planity — abonnement fixe, 74 à 114 € par mois selon les fonctionnalités (agenda seul, agenda plus caisse, formule complète), sans commission sur les réservations. Leader du marché français chez les coiffeurs et instituts d’esthétique.
Treatwell — prélève 25 % sur la première réservation de chaque nouveau client venu de leur plateforme, et 0 % sur toutes ses visites suivantes. Le modèle fonctionne comme un paiement à l’acquisition, pas comme un outil.
Fresha — hybride : abonnement plus environ 20 % sur les nouveaux clients via la marketplace Fresha, plus une commission de paiement à part, de l’ordre de 1,3 à 3,3 %.
La différence est structurelle. Planity est prévisible et rentable avec un flux stable de clients fidèles. Treatwell et Fresha sont plus avantageux pour un nouveau salon sans clientèle propre : vous ne payez que pour ceux que la plateforme amène réellement. En démarrage, il est raisonnable de commencer par une plateforme payée au résultat plutôt que par un abonnement fixe.
La fiche Google : réservation et particularités pour un salon
La mécanique générale de la fiche — nom, catégorie, validation, avis — est traitée dans le guide dédié, nous ne la répétons pas ici. La spécificité d’un salon tient en deux points.
D’abord la catégorie. Google propose des catégories précises plutôt qu’un « Salon de beauté » générique : « Salon de coiffure », « Barbier », « Institut d’onglerie », « Spa », « Studio de microblading ». Choisir la catégorie exacte influe directement sur les recherches où vous apparaissez — une catégorie générique dilue le classement.
Ensuite, la réservation directement depuis la fiche. Si votre outil de réservation en ligne est intégré à Google (Planity et Treatwell proposent cette intégration), le bouton « Réserver » apparaît directement dans la recherche et sur Maps, sans passer par le site. Pour un salon, c’est souvent le chemin le plus court entre l’intention et la réservation — plus court que via le site.
Ce qui doit figurer sur la page
Le portfolio d’un salon n’est pas une décoration, c’est l’argument principal. Le client ne choisit pas une enseigne, il choisit des mains, et il en décide sur des photos de têtes, d’ongles et de visages d’autres personnes.
Voici quatre modèles WordPress de ThemeForest, pour différents types d’établissement. Prix d’août 2026, licence unique, avec les frais de la plateforme et la TVA en plus. Ne jugez pas sur la couverture, mais sur la démo en ligne — et ouvrez-la depuis un téléphone : c’est de là qu’on vous lira.
Et maintenant ce que la fiche du modèle ne dit pas. Les photos de la démo ne sont en général pas comprises dans la licence. La manucure parfaite de la couverture appartient à une banque d’images, et après installation il restera un rectangle gris à sa place. La ligne indiquant si les images sont incluses figure sur la page du modèle — lisez-la avant d’acheter.
D’où l’arithmétique : un modèle à 50–80 € sans vos propres photos de réalisations ne fonctionne pas du tout — pour un salon c’est encore plus critique que pour un autre type d’activité, parce que le portfolio est l’offre elle-même. Prévoyez la séance photo de vos travaux tout de suite, pas plus tard. Et deuxième chose : la démo s’installe en un clic et se nettoie en une semaine — prestations, prix et une dizaine de sections inutiles d’un autre salon devront être retirés à la main. La différence entre un thème et un kit de sections, et le coût du reste, sont traités dans le guide sur le site d’un micro-entrepreneur.
Les avis : où les demander et comment répondre
La procédure générale — comment demander des avis sans les faire supprimer, comment répondre aux mauvais — est traitée dans le guide Google Business Profile, y compris l’interdiction de ne solliciter que les clients contents. Nous ne le répétons pas.
La particularité d’un salon, c’est qu’un avis concerne presque toujours un praticien précis, pas l’établissement dans son ensemble. « La coiffeuse n’a pas écouté ce que je demandais » est une plainte contre une personne précise, et il faut y répondre avec plus de précaution qu’à « il faisait froid dans le café » : toute allusion à une critique publique d’un salarié se lit plus mal que le silence.
Deuxième chose : dans la beauté, l’avis n’est souvent pas écrit tout de suite mais un jour ou deux plus tard, quand le résultat de la couleur ou de la manucure s’est « stabilisé ». Ne le demandez pas dès la sortie — un court message le lendemain, proposant de partager son impression si le résultat plaît, fonctionne mieux.
Les langues : le minimum pour un client étranger
Traduire tout le site n’est pas nécessaire pour un petit salon — la même règle que dans les autres guides de cette série s’applique : le minimum pour décider, pas une copie complète dans une autre langue.
Il suffit de traduire la liste des prestations avec les prix, et comment réserver. Traduisez les noms de prestations avec prudence : « balayage », « brushing », « modelage » sont des termes français du métier de la beauté que le client étranger vivant en France retrouve écrits de la même façon dans d’autres salons, et la traduction automatique les déforme.
Ce que l’IA apporte vraiment, et où elle nuit
Pour un salon, l’IA est utile exactement là où pour un café : là où le coût d’une erreur est nul.
Là où elle aide. Les descriptions de prestations : vous dictez ce qui est inclus et combien de temps cela dure, elle en fait une ligne claire pour le client au lieu de « soin professionnel ». Des variantes de réponse aux avis. Des textes sur le salon, son histoire, l’équipe. Des idées de publications et d’offres de saison — « soin avant les fêtes », « manucure d’été » — un mois à l’avance. Un premier jet de traduction de la liste des prestations.
Là où elle n’aide pas. Elle ne connaît ni vos praticiens, ni vos prix, ni ce qui vous distingue du salon d’à côté — et au lieu de dire « je ne sais pas », elle invente. Une description de prestation entièrement écrite par une machine se lit comme celle de n’importe quel autre salon.
Là où elle nuit franchement. Les formulations touchant des termes réglementés — « massage » au lieu de « modelage » — ne jamais les confier à une IA : elle ne connaît pas la réglementation française des métiers de la beauté et vous expose sans hésiter à une plainte. Même chose pour les photos « avant / après » : des clichés générés d’un résultat sont une tromperie directe du client, qui verra sur le site autre chose que ce qu’il obtiendra sur le fauteuil. Et des réponses automatiques identiques sous chaque avis se repèrent au premier coup d’œil.
La même règle que dans les autres guides de la série : on peut confier à l’IA la forme, jamais les faits. Dès qu’un texte touche au prix, à la qualification ou au résultat, vous vérifiez vous-même. Sur les outils qui montent un site entier et sur leurs dangers, voir le guide no-code.
À vérifier avant le lancement
Parcourez cette liste vous-même, et mieux encore, demandez à quelqu’un qui ne s’est jamais fait coiffer chez vous de la parcourir aussi.
Ce sont les prix qui décident, pas les mots vagues
Les prix sont obligatoires, au moins « à partir de », pour chaque prestation séparément. Leur absence se lit comme « c’est cher, puisqu’on ne le dit pas », pas comme du mystère.
Vos photos, et le consentement du client
Le portfolio est l’argument principal d’un salon, mais un cliché « avant / après » exige le consentement écrit du client. Un « oui, bien sûr » à l’oral ne suffit pas en cas de litige.
La réservation en ligne, sans commission à chaque visite
Un abonnement fixe est plus avantageux avec un flux stable de clients fidèles, une plateforme à commission au démarrage sans clientèle propre. Calculez selon votre situation, pas selon la popularité du service.
Autre erreur fréquente : le mot « massage » dans la description des prestations d’une esthéticienne. Il est réservé aux masseurs diplômés ; pour un soin cosmétique, on écrit « modelage esthétique ». La Cour de cassation a assoupli la règle en 2021 pour le bien-être, mais seulement sans confusion avec le massage thérapeutique — cela n’exempte pas de vérifier les formulations de votre carte.
- Le salon emploie une personne qualifiée, si c’est un salon de coiffure
- La description des soins esthétiques n’emploie pas « massage » sans fondement
- Les photos « avant / après » ont le consentement écrit du client
- Les prix des prestations sont indiqués au moins « à partir de »
- La réservation en ligne fonctionne en un geste depuis un téléphone
- La catégorie de la fiche Google est précise, pas un « Salon de beauté » générique
Webinkub ne remplace ni un conseil juridique, ni un conseil fiscal, ni un accompagnement en matière d’immigration. Si la question sort du numérique, je le dis clairement et vous oriente vers une source officielle ou un spécialiste.
Me contacter
Écrire à Webinkub
Envoyez le lien de votre site ou de votre fiche — je vous dirai ce qui freine la prise de rendez-vous.
À lire aussi
DES : comment déclarer ses prestations de services vers l’UE à la douane
Qui doit déclarer la DES pour des clients professionnels dans l'UE, comment s'inscrire sur douane.gouv.fr et déposer sa déclaration — étape par étape, captures à l'appui.
Guide : le no-code sans illusions
Ce que le no-code résout et ce qu’il ne résout pas : rapidité, modèles, structure et limites. Un regard honnête, sans promesses.
Guide : le site d’un café ou d’un restaurant
Menu en texte, prix, horaires, plan, photos et réservation : ce que le client doit voir dans la première minute sur le site d’un café ou d’un restaurant.