Guide : le site d’un micro-entrepreneur

Le site d’un micro-entrepreneur doit expliquer vite la prestation, la zone d’activité, ce qui inspire confiance, le moyen de contact et les mentions obligatoires.

Ce que vous obtenez

La structure de la page d’accueil bloc par bloc ; combien ça coûte et où ne pas économiser ; la version mobile ; les statistiques sans bandeau de consentement ; mentions légales, politique de confidentialité et cookies ; la fiche Google

Le site d’un micro-entrepreneur répond à une seule question : expliquer en une minute ce que vous faites, pour qui, dans quelle région et comment vous joindre. Vous trouverez ci-dessous l’ordre des blocs sur la page d’accueil, le budget réel, les pages obligatoires en droit français et ce qui change le jour où vous branchez un compteur de statistiques ou intégrez une vidéo.

Гид по сайту для micro-entrepreneur

Pourquoi une seule page suffit souvent

Un site à rallonge dessert plutôt une personne seule : il est plus long à faire, plus lourd à tenir à jour et il perd le visiteur. Une page honnête avec une offre claire fonctionne mieux que huit pages à moitié vides.

La structure de la page d’accueil : quoi, dans quel ordre

L’ordre des blocs, c’est exactement ce qu’aucun modèle ne vous donnera. Pour le site d’une seule personne, la séquence qui fonctionne est celle-ci.

1. Le premier écran. Ce que vous faites, pour qui et dans quelle ville. Le bouton de contact ici même, pas seulement en bas de page.

2. Les prestations. Deux à quatre blocs : le nom de la prestation dans les mots du client, une ou deux lignes sur ce qui est inclus, et le prix ou un « à partir de ».

3. Comment ça se passe. Trois ou quatre étapes, de la prise de contact au résultat, avec un délai. Ce bloc lève la crainte principale : la personne ne sait pas ce qui va se passer une fois qu’elle vous aura écrit.

4. Qui vous êtes. Une photo, votre expérience en deux ou trois phrases, votre statut. Pour quelqu’un qui ne vous connaît pas, c’est la moitié de la décision.

5. Les preuves. Réalisations, chiffres, avis — s’ils sont réels. Ne rien inventer : cela se voit, et cela coûte plus cher qu’un espace honnêtement vide.

6. Les questions fréquentes. Cinq à sept questions qu’on vous a déjà posées par écrit. Elles répondent au passage à la moitié des messages entrants.

7. Contact et liens obligatoires. Formulaire ou e-mail, téléphone, zone d’intervention, et dans le pied de page les liens vers les mentions légales et la politique de confidentialité.

Le test est simple : chaque bloc répond à une question du client. Si un bloc ne répond à aucune, il est de trop, aussi joli soit-il dans le modèle.

Par où commencer s’il n’y a pas encore de site

Commencez par le texte, pas par le modèle. Formulez votre offre en deux phrases, rassemblez photos et tarifs, et choisissez l’outil seulement ensuite. Avec un texte prêt, le montage devient du travail à la liste ; sans lui, on peut passer une semaine à déplacer des blocs sans avancer d’un pas.

Que mettre sur le premier écran

Le premier écran décide si la personne reste ou ferme l’onglet. La formule qui marche est courte : ce que vous faites, pour qui et où. « Tenue de comptabilité pour micro-entrepreneurs à Marseille » fonctionne ; « Des solutions professionnelles pour votre entreprise » non, parce que cela convient à n’importe qui.

Ensuite, une ligne sur la raison de vous choisir : ancienneté, nombre de clients, expérience précise. Et un bouton qui mène à une seule action, pas à trois à la fois. Avec trois boutons de même poids, la personne n’en choisit aucun.

La photo fait aussi partie du premier écran. Votre visage ou votre travail parlent mieux qu’une image de banque avec une poignée de main : celle-ci est déjà sur mille sites et ne dit rien de vous.

Combien ça coûte et où ne pas économiser

Le minimum pour un micro-entrepreneur, c’est un nom de domaine et un hébergement. Un domaine en .fr coûte 10 à 15 € par an, un hébergement simple de 3 à 10 € par mois. Regardez le prix du renouvellement, pas celui de la première année : presque partout la première année est promotionnelle, parfois à 1 €, et la facture revient au tarif normal ensuite.

Deux postes sur lesquels il ne faut pas économiser. Le nom de domaine d’abord : il doit être pris à votre nom et sur votre adresse e-mail, pas sur celle du prestataire, sinon vous découvrirez un jour que l’adresse de votre site ne vous appartient pas. Les sauvegardes ensuite : un hébergement sans sauvegarde revient moins cher jusqu’à la première panne.

Le chemin le moins cher vers une apparence correcte, c’est d’acheter un habillage tout fait. Attention à ne pas confondre deux produits différents. Un thème s’installe entièrement dans WordPress et apporte en-tête, pied de page et réglages : sur ThemeForest, comptez 40 à 70 € TTC, avec un écart réel de 12 à 300 €. Un Template Kit coûte moins cher, 18 à 30 €, mais ce n’est qu’un jeu de sections prêtes pour le constructeur Elementor : ni en-tête, ni pied de page, et le constructeur doit déjà être en place. Ce site est monté sur un kit.

Et prévoyez du temps en plus de l’achat. L’habillage arrive avec son contenu de démonstration : les chiffres d’un autre, des images hébergées chez l’auteur, une dizaine de sections dont vous n’avez pas besoin et du faux texte à des endroits inattendus. Le nettoyage de ce site a pris une semaine. Un modèle donne l’apparence, pas la structure — quoi dire au client et dans quel ordre, vous l’avez lu plus haut.

Ce sur quoi on peut économiser sans hésiter : les thèmes payants à cent fonctions, les constructeurs en abonnement « tout compris » et le logo à 500 €. Rien de tout cela n’amène de clients.

Ne pas perdre un client sur mobile

Plus de la moitié des visiteurs ouvrent le site depuis un téléphone, parfois debout dans la rue. Cela change les exigences : le texte doit se lire sans zoom, les boutons se toucher au doigt, et le numéro lancer l’appel en une seule pression.

La vérification est simple : ouvrez votre page sur votre propre téléphone et essayez de trouver en quinze secondes ce que vous faites et comment vous joindre. S’il a fallu faire défiler ou écarter les doigts pour lire, le client, lui, ne le fera pas.

Les pannes fréquentes sur mobile : un menu qui ne s’ouvre pas, un formulaire aux champs plus larges que l’écran, un PDF à la place du texte, une carte qui étire la page sur le côté. Tout cela se répare en une heure, mais ne se remarque qu’en regardant le site depuis un téléphone, pas depuis un ordinateur.

Que faire juste après la mise en ligne

La mise en ligne n’est pas la ligne d’arrivée. La première semaine, trois choses valent le coup.

Remplir votre fiche Google Business Profile. Pour une activité locale, elle amène des demandes plus vite que le site lui-même : la fiche s’affiche dans Maps et dans les recherches « près de moi ». Le minimum : la catégorie, la zone d’intervention (elle remplace l’adresse si vous travaillez de chez vous), quelques photos, le lien vers le site et les premiers avis de clients réels. En détail dans un guide dédié.

Vérifier que le formulaire arrive. Envoyez-le vous-même et assurez-vous que le message est bien reçu. Sur un hébergement bon marché, les e-mails envoyés par WordPress partent presque toujours en spam : ils sortent d’une adresse inexistante du type wordpress@votre-domaine. Cela se règle avec une extension SMTP — les messages passent alors par votre vraie boîte et arrivent à destination.

Donner le lien là où l’on vous connaît déjà : signature d’e-mail, profils, annuaires locaux. Les premiers visiteurs ne viennent pas du moteur de recherche, ils viennent des gens.

Un mois plus tard, regardez le site avec les yeux de quelqu’un qui le découvre et retirez ce qui ne sert à rien. Un site corrigé après les premières demandes dépasse celui qu’on a peaufiné six mois avant de le publier.

Les cookies, expliqués simplement

Un cookie est un petit fichier que le site dépose dans le navigateur pour retenir quelque chose. Tout le monde connaît le mot, mais le sens passe généralement à côté — c’est bien pour ça que ce chapitre-là, on le saute.

Il y en a de deux sortes. Les cookies techniques servent au fonctionnement du site : ils retiennent la langue choisie, le contenu du panier, le fait que vous êtes connecté. Ils ne demandent pas de consentement — sans eux, rien ne marche. Tous les autres, mesure d’audience et publicité, retiennent le comportement : combien de personnes sont venues, d’où, ce qu’elles ont regardé, si elles sont revenues. Ce sont ceux-là qui exigent une autorisation, et c’est d’eux que parle la politique de cookies.

Et maintenant ce dont on ne parle presque jamais. Les cookies tiers n’apparaissent pas seulement quand vous « branchez » quelque chose volontairement. Toute intégration venue d’un autre site, c’est du code étranger qui s’exécute dans le navigateur de votre visiteur. Une vidéo YouTube, une carte Google, des polices chargées depuis les serveurs de Google, un widget de chat, un fil de réseau social, un bouton de paiement, un pixel publicitaire : chacun voit l’adresse IP de la personne et peut écrire ses propres marqueurs dans son navigateur. Souvent dès le chargement de la page, avant même le moindre clic. Le service n’est pas le vôtre, mais c’est vous qui en répondez : il est sur votre page.

Un dernier point sur lequel on trébuche : la loi ne parle pas des cookies en tant que tels, mais de toute écriture et de toute lecture dans l’appareil du visiteur — c’est l’article 82 de la loi Informatique et Libertés. « Chez nous ce n’est pas un cookie, c’est du localStorage » n’est donc pas un argument : l’exigence est la même.

Les statistiques : à quoi elles servent, ce qui change une fois branchées

Sans compteur, vous ignorez l’essentiel : est-ce que des gens viennent, d’où, et à quel écran ils s’en vont. Le minimum, c’est Google Search Console : elle montre sur quelles requêtes on vous trouve et ne dépose aucun cookie chez vos visiteurs. Google Analytics montre le comportement sur le site — et dépose des marqueurs, donc exige un consentement.

Voici le moment que presque tout le monde laisse passer. Le jour où vous branchez des statistiques, installez un chatbot ou intégrez une vidéo, du code étranger apparaît sur le site. À partir de ce jour, le bandeau de consentement devient obligatoire, la politique de cookies doit être mise à jour, et ces scripts ne doivent pas se lancer tant que la personne n’a pas accepté. La règle est simple : un service externe ajouté, une politique à revoir.

Il existe une porte de sortie que peu de gens connaissent : on peut avoir des statistiques sans bandeau. La CNIL exempte de consentement les outils de mesure d’audience à condition qu’ils soient strictement configurés — marqueurs conservés 13 mois au plus, données 25 mois au plus, adresse IP tronquée, statistiques réservées à vous seul et à un seul site, aucun transfert à des tiers. Google Analytics ne remplit pas ces conditions ; Matomo, si — la CNIL a publié pour lui un guide de configuration dédié. Pour le site d’une personne seule, c’est souvent la meilleure option : les chiffres sans le bandeau.

Quant à l’adresse youtube-nocookie.com qu’on conseille partout : elle réduit honnêtement le pistage, mais ne supprime pas le consentement. Même dans ce mode, l’intégration contacte les serveurs de Google au chargement de la page et écrit des marqueurs techniques dans le navigateur — avant tout clic sur lecture. Si vous voulez éviter le bandeau, mieux vaut afficher une vignette cliquable et ne charger la vidéo qu’au clic.

Les pages obligatoires : que faut-il y écrire

Un site derrière lequel se trouve une activité déclarée en France doit avoir ses mentions légales. C’est une obligation de la loi pour la confiance dans l’économie numérique, pas une recommandation.

Ce qui doit y figurer : vos nom et prénom accompagnés de la mention « entrepreneur individuel » ou « EI » — obligatoire depuis le 15 mai 2022 ; l’adresse ; les numéros SIREN et SIRET ; le téléphone et l’e-mail ; le responsable de la publication ; le nom, l’adresse et le téléphone de l’hébergeur ; et la ligne sur la TVA — pour un micro-entrepreneur, généralement « TVA non applicable, article 293 B du CGI ».

Deux points sont presque toujours mal renseignés. Le RCS ne concerne que les commerçants. Si votre activité est libérale — consultant, développeur, graphiste, coach —, vous n’avez pas de numéro RCS du tout : on indique le SIREN, le SIRET et la mention « Dispensé d’immatriculation au RCS ». Le code APE, lui, n’est pas exigé par la loi : on l’ajoute par habitude, cela ne nuit pas, mais ce n’est pas une obligation.

Si vous travaillez avec des particuliers s’ajoute ce qu’on découvre en dernier : le médiateur de la consommation. Tout professionnel qui vend des services à des consommateurs doit adhérer à un dispositif de médiation, et le nom, l’adresse et le site du médiateur doivent figurer sur le site. L’absence de cette information est passible d’une amende administrative pouvant aller jusqu’à 3 000 € pour une personne physique.

Si vous n’avez pas vos numéros sous la main, retrouvez-les par votre nom sur annuaire-entreprises.data.gouv.fr. Les coordonnées de l’hébergeur sont dans ses propres mentions légales.

La deuxième page est nécessaire dès qu’il y a un formulaire, des statistiques ou une collecte de données : la politique de confidentialité. Quelles données vous collectez, pourquoi, sur quelle base, combien de temps vous les gardez, à qui vous les transmettez et comment une personne peut en demander la suppression. Avec la mention de la CNIL comme autorité auprès de laquelle réclamer.

La troisième, la politique de cookies, s’impose dès que le site dépose autre chose que le strict nécessaire : compteur, pixel, vidéo intégrée, carte, chat.

Comment les produire vite, et où le générateur ne suffit pas

Pour les cookies, il existe une voie gratuite qui fonctionne : l’extension Complianz. Dans sa version gratuite, elle vous fait passer un questionnaire, scanne le site à la recherche des cookies réellement présents, rédige la politique de cookies et sait retenir les scripts externes jusqu’au consentement ; elle fonctionne avec Polylang si le site est multilingue. La version payante ajoute la génération de la politique de confidentialité, plusieurs juridictions, le mode de consentement Google et le registre des consentements — c’est-à-dire la preuve que la personne a bien accepté. Cette preuve, c’est à vous de la fournir : pour un site avec compteurs et publicité, ce n’est pas un détail ; pour un site sans, ce n’est pas encore nécessaire.

La politique de confidentialité, la version gratuite ne la produira pas. Elle s’écrit à la main : on y liste les formulaires, les compteurs et les services réellement en place, avec les durées de conservation. Les exigences et les formulations se trouvent sur le site de la CNIL — mieux vaut les prendre là que dans le premier modèle venu, où sont listés les services de quelqu’un d’autre. Un modèle emprunté est plus dangereux qu’une page vide : il décrit un autre site que le vôtre.

Une réserve importante : aucun générateur ne rédigera vos mentions légales. Ce sont les données de votre entreprise, prises dans vos propres documents et au registre national, pas dans un gabarit. Une demi-heure de travail si le SIREN, le SIRET et les coordonnées de l’hébergeur sont déjà sous la main.

Et une bonne nouvelle pour beaucoup : s’il n’y a ni statistiques, ni pixels publicitaires, ni services externes intégrés, et que les cookies sont uniquement techniques, le bandeau de consentement n’est pas exigé par la loi. Sur ce site, ce n’est plus le cas : l’analytique y est branchée, donc le bandeau s’affiche sur chaque page. Le compteur ne démarre qu’après avoir cliqué sur « Accepter » — exactement le Google Consent Mode décrit plus haut.

Ce qui se passe si vous ne le faites pas

Soyons honnête : la loi et la pratique quotidienne divergent ici, et il vaut mieux connaître les deux.

En droit, l’absence de mentions légales est punie d’un an d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende pour une personne physique, jusqu’à 375 000 € pour une société. Ce sont les articles 1-1 et 1-2 de la LCEN ; ces règles se trouvaient auparavant à l’article 6, mais la loi SREN du 21 mai 2024 les a réécrites et renumérotées — les renvois à « l’article 6 », encore partout sur internet, ne sont donc plus exacts. Les micro-entrepreneurs sont concernés eux aussi. C’est le plafond, et le dossier d’un petit site n’y arrive pas.

Le déroulement habituel est autre : une plainte d’un client ou d’un concurrent, puis une mise en demeure de corriger. Sur les cookies, la CNIL commence en règle générale par exiger la mise en conformité, pas par une amende.

Les ennuis les plus probables sont bien plus prosaïques. Un prestataire de paiement ou une place de marché peut refuser de vous ouvrir un compte, un partenaire peut ne pas poser votre lien, et le client qui n’a pas trouvé qui vous êtes ni où vous êtes ira simplement chez celui qui l’écrit. Une page de mentions légales prend une demi-heure — moins cher que de chercher si vous entrez ou non dans une exception.

01

Une prestation claire et un prix

Nommez la prestation avec les mots du client, pas avec le jargon du métier. Le prix, ou au moins une fourchette : son absence fait fuir plus de monde qu’un chiffre élevé.

02

Un contact en une seule étape

Un bouton de contact sur le premier écran et en bas de page. Formulaire, e-mail, téléphone ou messagerie — un seul canal suffit, mais il doit fonctionner.

03

Les pages obligatoires

Pour un site exerçant en France, il faut des mentions légales et, s’il y a un formulaire ou des statistiques, une politique de confidentialité. Le détail des obligations est sur entreprendre.service-public.fr, les règles sur les cookies sur cnil.fr. Les autres adresses officielles sont réunies sur la page « Ressources France ».

Autre erreur fréquente : un site sans géographie. Si vous travaillez dans une ville ou un département précis, dites-le explicitement, sinon la recherche locale ne vous montrera pas.

Webinkub ne remplace ni un conseil juridique, ni un conseil fiscal, ni un accompagnement en matière d’immigration. Si la question sort du numérique, je le dis clairement et vous oriente vers une source officielle ou un spécialiste.

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