Guide : le site d’un café ou d’un restaurant

Ce que la loi française oblige à afficher, pourquoi la carte ne doit pas être un PDF, ce que prennent les plateformes et ce que coûte la réservation.

Ce que vous obtenez

Site ou fiche Google ; les obligations légales ; la carte ; les photos ; des modèles en exemple ; horaires et plan ; la réservation et son prix ; livraison et commissions ; les avis ; les langues ; ce que l’IA apporte vraiment ; la liste avant lancement

Le site d’un café répond à une seule question : amener en une minute une personne affamée, téléphone en main, jusqu’à votre table. Tout le reste vient après. Mais la restauration en France a sa propre couche d’obligations, ses propres taux de commission et son propre prix de l’erreur photographique — et c’est précisément ce qui manque dans les conseils habituels sur les sites web.

Гид по сайту для кафе и ресторана

Le client décide en une minute, sur son téléphone

L’enchaînement est presque toujours le même. La personne cherche « restaurant près de moi » ou ouvre Maps, voit une fiche, regarde les photos, cherche la carte et les prix, vérifie les horaires et appuie sur « itinéraire » ou « appeler ». Entre la recherche et la décision, il s’écoule environ une minute.

Il en découle une chose désagréable : dans cette chaîne, le site n’est pas premier. La première place revient à la fiche Google, et c’est elle qui décide le plus souvent si la personne viendra. Le site entre en jeu quand le client a besoin de ce que la fiche n’a pas : la carte complète que vous modifiez vous-même, une réservation sans commission, l’histoire de la maison, les offres d’emploi, la vente à emporter.

Faites le test maintenant : ouvrez votre établissement dans la recherche depuis votre téléphone et chronométrez le temps qu’il vous faut pour trouver le prix d’un plat principal et les horaires du dimanche. Au-delà d’une minute, le client est déjà parti chez le voisin.

Site ou fiche Google : par où commencer

Si les bras et l’argent manquent, commencez par la fiche, pas par le site. Elle est gratuite, s’affiche sur Maps et dans les réponses aux recherches « près de moi », et pour un petit établissement elle amène des clients plus vite que n’importe quel site. Comment la créer et quoi y remplir : dans le guide dédié.

Le site devient nécessaire dès que l’une de ces quatre choses apparaît. La carte change souvent et vous ne voulez dépendre de personne pour la mettre à jour. Il vous faut des réservations pour lesquelles vous ne payez pas à chaque couvert. Il vous faut la vente à emporter à vos conditions. Ou la maison a dépassé le format d’une fiche : banquets, recrutement, histoire, deuxième adresse.

Le bon ordre est celui-ci : d’abord la fiche, puis une page de site, et seulement ensuite tout le reste. L’ordre inverse est la dépense inutile la plus fréquente du secteur.

Ce que la loi oblige à afficher — et ce qui atterrit sur le site

C’est ici que la restauration en France diffère de tout autre commerce, et l’ignorance coûte cher. Vérifié en août 2026 ; les textes évoluent, recoupez avec la DGCCRF.

Les prix. Ce n’est pas une question de conversion mais une obligation : les règles viennent de l’arrêté du 27 mars 1987. Menus et cartes doivent être affichés à l’extérieur pendant le service — au plus tard à 11 h 30 pour le déjeuner et 18 h pour le dîner — et les mêmes documents tenus à disposition à l’intérieur. Prix en euros toutes taxes comprises, hauteur des caractères à l’extérieur d’au moins 1,5 cm. Un restaurant affiche en plus les prix d’au moins cinq vins. L’absence d’affichage est une contravention de 5e classe : 1 500 €, 3 000 € en cas de récidive.

Sur les formulations. La loi exige la mention « Prix service compris » avec le taux là où vous prélevez réellement un service. Le fameux « prix nets » ne figure pas dans le texte de l’arrêté — c’est l’équivalent d’usage lorsque le personnel est au fixe et qu’aucun pourcentage n’est prélevé. Les deux mentions ensemble sont exclues.

Les allergènes. Règlement européen INCO et décret n° 2015-447, en vigueur depuis le 1er juillet 2015. Le client doit recevoir par écrit l’information sur les quatorze allergènes majeurs : soit directement auprès des plats, soit — et c’est légal — par une mention visible indiquant où consulter le classeur ou la fiche. L’essentiel : le document doit être accessible immédiatement et sans passer par le personnel. Une réponse orale du serveur ne suffit pas. Amende jusqu’à 3 750 € pour une personne physique.

L’origine des viandes. Obligatoire pour le bœuf depuis 2002. Le décret n° 2022-65 avait étendu l’obligation au porc, au mouton et à la volaille, mais il est arrivé à échéance ; le texte en vigueur est le décret n° 2025-141 du 13 février 2025, applicable depuis le 19 février 2025 et sans limite de durée. Citer le 2022-65 revient à citer un texte périmé. Format : « Origine : pays » si naissance, élevage et abattage ont lieu dans le même pays, sinon « Elevé : … et abattu : … ». Le support n’est pas imposé : affichage, cartes, menus ou tout autre support.

« Fait maison ». La mention (décret n° 2014-797) ne revient qu’aux plats élaborés sur place à partir de produits bruts, avec une courte liste d’exceptions comme le pain ou la pâte feuilletée. Le logo, lui, n’est pas obligatoire : les mots suffisent. Et c’est ici que la loi nomme explicitement le site : l’article D122-3 du code de la consommation exige que la mention figure sur les supports de présentation des plats « ainsi que sur les autres supports de commercialisation du professionnel, notamment en ligne ». Autrement dit : si un plat est signalé fait maison en salle, la même mention doit être dans la carte en ligne. Une mention mensongère est une pratique commerciale trompeuse : jusqu’à deux ans et 300 000 €.

Au passage, deux conseils périmés qui traînent encore dans les modèles. L’affichette « Les plats faits maison sont élaborés sur place… » n’est plus obligatoire : l’obligation a été supprimée par le décret du 6 mai 2015. Et le lien vers la plateforme européenne de règlement en ligne des litiges (RLL/ODR) doit être retiré de votre site : la plateforme a fermé le 20 juillet 2025 et le lien ne mène nulle part. Il figure pourtant dans presque tous les modèles de pages légales.

Ce qui, de tout cela, doit être sur le site. Les prix, les allergènes et l’origine des viandes : non — les obligations portent sur l’établissement et sa carte. Avec deux exceptions. Si vous prenez des commandes en ligne, votre carte en ligne est la carte sur laquelle on choisit : allergènes et prix final doivent alors être visibles avant la commande. Et la mention « fait maison », comme dit plus haut, doit figurer en ligne.

Ce qui doit y être en permanence, en revanche : les mentions légales (depuis la loi SREN du 21 mai 2024 c’est l’article 1-1 de la LCEN, et non « l’article 6 » des vieux modèles) et les coordonnées du médiateur de la consommation — l’article R616-1 impose de les indiquer de manière visible et lisible sur votre site. Pour un restaurant c’est obligatoire même sans vente en ligne. Le contenu des mentions légales est détaillé dans le guide sur le site.

Et sur l’accessibilité, sujet très embrouillé. En tant qu’ERP, l’établissement doit tenir un registre public d’accessibilité, mais il n’est pas tenu de le publier en ligne : la mise en ligne est une alternative au registre consultable sur place, pas un ajout. Les exigences d’accessibilité du site lui-même (RGAA) visent les entreprises de plus de 250 millions d’euros de chiffre d’affaires. Les règles européennes entrées en vigueur le 28 juin 2025 concernent le commerce en ligne, mais les microentreprises — moins de 10 salariés et moins de 2 M€ — en sont exclues. Au-delà de ces seuils avec de la vente en ligne, c’est une question pour un juriste.

La carte sur le site : pourquoi pas un PDF, et comment la faire

La carte en PDF est l’erreur la plus répandue sur les sites de cafés, et elle coûte des clients tous les jours.

Ce qui se passe quand le client ouvre un PDF depuis son téléphone : le fichier s’ouvre dans une autre application, les lettres font un quart d’allumette, il faut pincer l’écran et se déplacer sur la page. La moitié referme avant d’arriver aux plats chauds. En prime, un PDF s’indexe mal, pèse lourd et se met à jour par le graphiste, pas par vous.

La bonne solution est une page ordinaire : des rubriques, des noms de plats, de courtes descriptions, des prix en texte. Une telle carte se lit sur n’importe quel écran, se trouve dans la recherche par le nom d’un plat, et se corrige en cinq minutes par vous.

La vraie question n’est pas la mise en page mais qui changera la carte chaque semaine. Si la réponse est « le prestataire », la carte sera périmée dans un mois et deviendra pire que rien : le client vient pour un plat qui n’existe plus. On construit donc la carte pour que n’importe qui en salle puisse corriger un prix depuis son téléphone.

Compromis pratique : la page carte sur le site, plus une version PDF à imprimer en lien séparé si vous en avez vraiment besoin.

Les photos : ce que vous prenez vous-même, et quand appeler un photographe

Pour un café, la photo n’est pas de la décoration : c’est le produit. Le client choisit sur l’image, et une mauvaise photo d’une bonne cuisine fait plus de mal qu’une absence de photo.

Ce qui se photographie très bien au téléphone : la salle de jour près d’une fenêtre, la vitrine, le café, les viennoiseries, le travail en cuisine, votre équipe. Les règles sont simples — lumière du jour de côté, pas de flash, prise de vue à la verticale au-dessus ou à 45 degrés, fond dégagé. Vingt clichés honnêtes au téléphone valent mieux que cinq images de banque.

Ce que le téléphone ne rattrapera pas : la salle le soir sous lumière artificielle chaude, les dressages gastronomiques sombres, les plats à texture complexe. Si vous êtes un restaurant du soir, le photographe n’est pas un luxe mais une ligne du budget du site : sans lui, un modèle cher restera vide.

Ce que Google exige des photos de la fiche : JPG ou PNG, de 10 Ko à 5 Mo, taille recommandée 720 × 720 points. Les photos doivent être les vôtres — les images de banque, les collages et les images générées sont explicitement interdits, et les visuels produits par IA sont désormais nommément visés. Les retouches admises sont minimes : rotation et correction de lumière ; les filtres lourds, non. Et un point important : une photo supprimée pour qualité insuffisante ne peut pas être contestée.

Combien de photos : Google recommande au moins trois dans chacune des quatre catégories — plats et boissons, salle, façade vue de plusieurs côtés, équipe. Douze clichés, faisables en une journée.

Deux règles techniques qui sauvent des clients. Cadrez large : la fiche Google veut à peu près un carré, les réseaux veulent de la verticale. Une seule prise ne convient pas à tout, et un cadrage serré se fait rogner. Et compressez : une photo de téléphone pèse plusieurs mégaoctets, une dizaine transforme le site en diaporama en 4G. Le format WebP retire environ un quart à un tiers du poids d’un JPEG à qualité égale.

Un détail sur lequel butent même des prestataires : la photo principale du premier écran ne doit pas être en chargement différé. C’est justement elle que Google mesure pour juger la vitesse de la page — la différer dégrade exactement l’indicateur qu’on cherchait à améliorer.

L’apparence : le modèle comme solution, pas comme décor

Pour un café, l’apparence fait partie de l’argument. Si le site a l’air bon marché, l’établissement aura l’air bon marché dans la tête du lecteur. C’est le cas où l’achat d’un modèle tout fait est rentable immédiatement.

Voici quatre modèles WordPress de ThemeForest, pour différents types d’établissement. Prix d’août 2026, licence unique, à laquelle s’ajoutent les frais de la plateforme et la TVA. Ne regardez pas la couverture mais la démo en ligne — et ouvrez-la depuis un téléphone : c’est de là qu’on vous lira.

Превью шаблона Bakery для сайта пекарни и кондитерской
Bakery, 59 $ — boulangerie et pâtisserie. Une vitrine de produits avec les prix : le seul des quatre où le click and collect va de soi.
Превью шаблона Barista для сайта кофейни и бара
Barista, 79 $ — café et bar. Un établissement sans réservation de tables : ce qui compte ici, ce sont les horaires, l’ambiance et « où nous sommes ».
Превью шаблона Laurent для сайта гастрономического ресторана
Laurent, 75 $ — bistrot et restaurant de milieu de gamme. Regardez le premier écran : les horaires, l’adresse et le bouton de réservation y tiennent-ils ?
Превью шаблона Grand Restaurant для сайта ресторана
Grand Restaurant, 69 $ — restaurant gastronomique. La typographie large et l’air supposent des photos professionnelles : sur des clichés de téléphone, ce modèle s’effondre.

Et maintenant ce que la fiche du modèle ne dit pas. Les photos de la démo ne sont en général pas comprises dans la licence. La belle assiette de pâtes de la couverture appartient à une banque d’images, et après installation il restera un rectangle gris à sa place. La ligne indiquant si les images sont incluses figure sur la page du modèle : lisez-la avant d’acheter.

D’où l’arithmétique : un modèle à 60–80 € sans vos propres photos ne fonctionne pas, et il faut prévoir autant, sinon plus, pour la prise de vue. Deuxième chose : la démo s’installe en un clic et se nettoie en une semaine — plats, prix, adresses d’un autre et une dizaine de pages inutiles se retirent à la main. La différence entre un thème et un kit de sections, et le coût de tout le reste, sont traités dans le guide sur le site d’un micro-entrepreneur.

Horaires, adresse, plan

La façon la plus bête de perdre un client : des horaires faux. La personne est déjà devant la porte.

Les horaires doivent coïncider en trois endroits : le site, la fiche Google et la porte. Un écart entre le site et la fiche est lu par Google comme un manque de fiabilité, et vous êtes moins bien affiché. Programmez à part les horaires exceptionnels : 1er janvier, lundi de Pâques, 1er mai, 8 mai, Ascension, lundi de Pentecôte, 14 juillet, 15 août, 1er et 11 novembre, 25 décembre — et la fermeture d’août si vous fermez.

Mettez l’adresse en lien qui ouvre l’itinéraire, pas en simple texte : depuis un téléphone, on veut appuyer une fois. La carte intégrée, elle, n’est pas obligatoire : elle amène du code tiers et l’obligation de recueillir le consentement aux cookies — voir le guide sur le site. Un lien vers Maps fait la même chose sans rien traîner derrière lui.

Et indiquez ce qu’on vous demande le plus souvent : terrasse, accès poussette et fauteuil, parking, chiens acceptés, chaise haute.

La réservation : faut-il un module, et combien coûte-t-il

D’abord la vraie question : avez-vous besoin de réservations ? Pour un café, une boulangerie ou un établissement à rotation rapide, non — et s’en passer économise l’abonnement et la maintenance hebdomadaire.

Si elles sont nécessaires, il y a trois voies. Téléphone et messagerie — gratuit, efficace, mais cela occupe quelqu’un en salle. Votre site : un formulaire ou un module simple — vous payez l’outil, pas chaque client. Une plateforme comme TheFork : elle amène de nouvelles personnes et se rémunère sur chacune d’elles.

Ordres de grandeur, août 2026 : TheFork ne publie plus de grille unique, mais les estimations sectorielles donnent environ 2,60 € hors taxes par couvert servi (fourchette d’environ 1 à 5 € selon le ticket moyen), plus un abonnement de 30 à 139 € par mois. Faites le calcul sur vos chiffres : huit cents couverts par mois passant par la plateforme, cela représente déjà une part sérieuse du chiffre d’affaires annuel.

Schéma raisonnable pour la plupart : votre propre réservation sur le site comme canal principal, la plateforme comme canal d’acquisition — et vous savez toujours ce que vous coûte chaque nouveau client.

Livraison et plateformes : faites le calcul avant de signer

Les plateformes apportent du volume et vous épargnent les livreurs. Le prix de cela est une part qui surprend ceux qui n’ont pas calculé d’avance. Chiffres d’août 2026.

Uber Eats : environ 30 % hors taxes quand la plateforme livre ; environ 15 % si vous livrez vous-même ; il existe une formule à visibilité réduite autour de 6 %. Deliveroo annonce officiellement une fourchette de 14 à 30 %, mais frais et promotions partagées compris, un restaurant ordinaire arrive autour du tiers du chiffre réalisé sur la plateforme.

Concrètement : à un tiers de commission, un plat à 15 € vous rapporte environ 10 €, sur lesquels il reste à payer la matière première et le travail. La livraison via une plateforme n’est pas un bénéfice supplémentaire, c’est un autre métier, nettement moins rentable.

Approche raisonnable : la plateforme comme vitrine pour de nouvelles personnes, et les habitués basculés vers votre canal — commande par le site ou par téléphone, avec un petit avantage pour la commande directe. Votre canal devient rentable plus tôt qu’on ne croit : partez de ce que vous versez à la plateforme chaque mois.

Le click and collect : à qui il sert

Le click and collect, c’est commander et payer en ligne, puis venir chercher soi-même. Pas de livreur, donc pas de commission de livraison.

À qui cela convient : boulangerie, pâtisserie, café, formules du midi à emporter — tout ce qu’on prend en chemin et de façon répétée. À qui cela ne sert pas : au restaurant avec service à table et clientèle du soir ; ce sera une fonction que personne n’utilisera.

Les prix : chez les plateformes, le click and collect coûte moins cher que la livraison mais reste payant — de l’ordre de 12 à 15 % chez Uber Eats et de 14 à 18 % chez Deliveroo. Un module sur votre site coûte une somme fixe par mois, quel que soit le volume. Le point d’équilibre se calcule en cinq minutes : multipliez votre chiffre à emporter mensuel par le pourcentage de la plateforme et comparez à l’abonnement.

Et lucidement sur le démarrage : accepter le paiement en ligne, c’est un réglage à part et des obligations à part, conditions de vente et remboursements compris. N’attaquez pas par là la première semaine.

Les avis : Google ou TripAdvisor

En France, pour un établissement du quotidien, Google compte davantage : c’est là qu’on cherche « près de moi » et de là que vient le flux principal. TripAdvisor garde du poids dans les lieux touristiques et pour les établissements qui visent les visiteurs ; si vous êtes au centre d’une ville touristique, il vous faut les deux.

La mécanique générale — comment demander des avis sans les faire supprimer, comment répondre aux mauvais — est traitée dans le guide Google Business Profile, y compris l’interdiction de ne solliciter que les clients contents et la responsabilité française en matière de faux avis. Nous ne le répétons pas.

Ce qui est propre à la restauration. Les avis arrivent par vagues après le week-end : mieux vaut répondre le lundi, d’un bloc. Les reproches se divisent en deux familles, la nourriture et l’attente — la seconde se corrige par le planning, pas par une réponse. Et il y a presque toujours un avis portant sur un plat que vous ne servez pas : la personne s’est trompée d’établissement. C’est le cas où le signalement vaut la peine, et il aboutit généralement.

Gardez le lien vers votre page d’avis court et imprimez-le sur le ticket ou sur un chevalet près de la caisse : c’est la façon la plus simple de demander à tout le monde de la même manière.

Les langues : que traduire, et quoi laisser

Traduire tout le site dans une deuxième langue n’a pas de sens pour un petit établissement : c’est un travail qu’il faudra ensuite entretenir en double.

Ce qu’il faut, c’est le minimum pour la personne qui ne lit pas le français : la carte et l’essentiel — horaires, adresse, comment réserver. Cela suffit pour décider.

L’anglais se justifie presque partout où passent des visiteurs. La deuxième langue se choisit sur vos clients réels, pas au ressenti : regardez dans les statistiques de la fiche d’où l’on vous cherche.

Et une réserve honnête : les noms de plats se traduisent mal automatiquement. « Magret », « rôti », « confit », « gratin » deviennent des absurdités ou un autre plat. Une carte traduite doit être relue par quelqu’un qui connaît à la fois la cuisine et la langue — sinon cela prête à rire, et parfois pas.

Ce que l’IA apporte vraiment, et là où elle nuit

Pour un café, l’IA est plus utile que pour bien d’autres métiers — mais exactement là où l’erreur ne coûte rien.

Là où elle aide. Les descriptions de plats : vous dictez la composition et la cuisson, elle en fait deux lignes vivantes au lieu de « délicieux plat de poulet ». Un premier jet de traduction de la carte et du site. Des variantes de réponse aux avis, quand la main ne se lève pas pour écrire calmement. Les textes sur la maison, son histoire, l’équipe. Des idées de publications et d’offres de saison pour un mois. Et la relecture du français, si ce n’est pas votre langue — là, elle est particulièrement bonne.

Là où elle n’aide pas. Elle ne connaît ni vos plats, ni vos prix, ni vos fournisseurs, ni votre ville — et au lieu de dire « je ne sais pas », elle invente. Tout ce qui touche aux faits de la maison, c’est vous qui l’écrivez ; elle ne fait que remettre les mots en ordre. Et une carte entièrement écrite par une machine se lit comme la carte d’une chaîne, pas comme la vôtre.

Là où elle nuit franchement. Les allergènes et la composition : jamais. C’est la santé du client et votre responsabilité ; ces informations viennent de la recette et du fournisseur. De même pour l’origine des viandes et la mention « fait maison » — ce sont des déclarations dont vous répondez. Les photos de plats générées : ce ne sont pas vos plats, le client voit une chose et reçoit une autre. Et les réponses automatiques identiques sous chaque avis se repèrent au premier coup d’œil.

La règle est simple : on peut confier à l’IA la forme, jamais les faits. Dès qu’un texte contient un chiffre, une composition ou une promesse, vous vérifiez vous-même. Sur les outils qui montent un site entier et sur leurs dangers, voir le guide no-code.

À vérifier avant le lancement

Parcourez cette liste depuis un téléphone, pas depuis un ordinateur — et demandez à quelqu’un qui n’est jamais venu chez vous de la parcourir aussi.

01

C’est la carte qui décide, pas le design

Une carte en texte sur une page, avec les prix et les allergènes, que vous corrigez vous-même en cinq minutes. Un PDF ne se lit pas sur un téléphone, et une carte périmée est pire que pas de carte du tout.

02

Calculez la commission avant de signer

Une plateforme de livraison prend environ un tiers du chiffre, une plateforme de réservation se paie sur chaque couvert servi. Ce n’est pas un bénéfice en plus, c’est une autre économie.

03

Vos photos, ou aucune

Une image de banque se repère instantanément et joue contre vous. Vingt clichés honnêtes pris au téléphone à la lumière du jour valent mieux que cinq achetés.

Autre erreur fréquente : les prix du site ont divergé de ceux de la salle. Le client le remarque et y voit une tromperie, et lors d’un contrôle c’est vous qui expliquez l’écart entre la carte et le prix annoncé. Quand vous changez les prix, changez-les le même jour aux trois endroits : la salle, le site, la fiche Google.

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